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Metamonde

"Je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde." Diderot

Pitié pour la viande

Publié le 13 Juin 2007 par Meta in Cinéma

Le site Metamonde voit la mise en ligne de la fin de l'article sur Love is the devil. Cette troisième partie vise à montrer que l'art de Bacon n'est pas véritablement morbide, mais qu'il serait plutôt profondément érotique. On voit trop souvent dans l'étalage de la chair et du sang le visage de la mort, alors qu'on n'en perçoit que l'ombre. Elle n'est là que comme négatif de l'éros, comme fin possible de la souffrance. Mais la souffrance de la chair est à ranger du côté de l'érotique. C'est ce que cette réflexion tend à prouver. Pour référence, voici recopiée la conclusion du travail : « Love is the devil » est un film sur une relation amoureuse, et une étude pour un portrait de Francis Bacon. Le propos du film s’articule de manière fondamentale sur l’activité artistique de Bacon qui focalise l’attention de ce dernier au détriment des espoirs de Dyer. C’est le sacrifice de Dyer qui nourrit toute l’activité artistique de Bacon. Ce travail a tenté de montrer que l’art de Bacon exprime une réalité éminemment érotique, et que la souffrance de la chair que ses tableaux dépeignent est une sensation érotique découlant de la vie amoureuse du peintre. Le personnage de Dyer est offert à la gloire de la peinture de Bacon, mais sa chute révèle toute la réalité des rapports amoureux. L’un des deux amants se réfugie dans la création, l’autre ne se réfugie nulle part et vit dans l’angoisse. L’amour est démoniaque, dit le film, parce qu’il nous fait entrer dans l’insatisfaction, parce qu’il est un égoïsme qui détruit l’être aimé si celui-ci n’a pas un purgatoire tel que la peinture pour crier sa peine. L’art se nourrit souvent de mélancolie, mais Maybury montre ici que l’art se nourrit parfois aussi de la souffrance de la chair dans la relation amoureuse. La peinture de Francis Bacon n’est pas une création mélancolique, c’est la manifestation d’une sensation érotique et un cri de souffrance poussé par sa viande.
A noter, enfin, pour de belles représentations des tableaux de Bacon : http://francoisquinqua.skynetblogs.be/category/949149/1/Bacon
Tableau : Second version of Triptych 1944 (1988) (Troisième figure) (voir : http://www.francis-bacon.com).


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