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Ce blog est consacré à la philosophie et, plus précisément, à un site, proposant des études portant sur des questionnements, des livres ou du cinéma : "Metamonde". Je suis enseignant et souhaite ainsi partager ma passion pour l'activité philosophique.    Axel Fourdrinier 

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Mercredi 30 mai 2007
L'équipe de recherches ERRAPHIS a mené une étude sur le film Pierrot le fou de Godard dans le cadre de son programme de recherche sur "subjectivité et aliénation". Cette conférence a été l'occasion de revenir sur les conceptions de Deleuze sur le cinéma, et notamment sur la perte de croyance au monde. Pierrot le fou, en étant une "tentative de cinéma" (selon les mots de Godard), est la réaction d'un cinéaste n'acceptant pas le bavardage quotidien du cinéma qui, dans son acception contemporaine, est l'illustration de la médiocrité ambiante. Cette médiocrité est le résultat d'une perte du rapport au monde, et les repères sont nivelés au rang de l'immédiateté de l'information médiatisée à outrance. Tarkovski fait dire à un personnage, dans Solaris : "Nous avons perdu quelque chose de cosmique", exprimant par là l'idée que le rapport mystique au monde a été perdu depuis l'antiquité, et que la médiocrité quotidienne se fait toujours plus présente. Le cinéma en est ainsi l'illustration parfaite, même si Deleuze reste optimiste, soulignant dans son abécédaire qu'un tel désert intellectuel ne saurait durer. Il existe heureusement des cinéastes qui sont de grands artistes, et Godard est de ceux-là. Pierrot le fou, c'est une fuite éperdue, loin de la médiocrité du monde, un refus de la quotidienneté dans laquelle les hommes ne parlent plus que par des slogans publicitaires, où ils ne font que bavarder, et où le véritable dialogue est (devenu ?) impossible. Ferdinand (ou Pierrot ?) et Marianne fuient le monde des codes pour une quête de liberté à la fois vivante et morbide. Alors que même dans la fuite, le dialogue est difficile, alors que l'ironie est une arme contre l'ennui, la mort, toujours là, reprend ses droits, au moment où Ferdinand choisit le suicide. Rien, dans ce monde, ne semble satisfaire les deux amants, et même la mort sera insatisfaisante, par le gâchis de celle de Marianne, et par le suicide raté de Pierrot pourtant réussi parce que manqué. Le film de Godard est un superbe essai sur l'aliénation, parce qu'il y montre que la fuite d'une aliénation pour retrouver sa subjectivité est l'entrée dans une autre aliénation au point que, peut-être, les seuls actes pleinement subjectifs sont la volonté éperdue de s'échapper, et le suicide au terme de la fuite.
par Meta publié dans : metamonde
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