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Metamonde

"Je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde." Diderot

Cruelle ambition

Publié le 1 Mai 2007 par Meta in Cinéma

La réalisation d'un travail exige généralement un projet préalable. La volonté de construire un mémoire sur "Love is the devil" ne fait pas exception à cette règle. Le projet comprend toute la dimension de la réalisation de l'action dans ce qu'elle a d'idéal, avant tout passage à la pratique. Cela signifie que le projet est toujours rempli de promesses et d'espoirs. Mais l'entreprise de réalisation apporte son lot de déconvenues, alors que le travail ne semble plus correspondre à la forme envisagée. De ce point de vue, l'écriture n'est pas un art à différencier de la peinture. Ainsi que le dit Bacon, le peintre n'a qu'à dégager quelque chose de ce qui se présente déjà sur la toile dans le projet. Tout est là, il s'agit simplement de délimiter un contour, d'écarter des possibilités. Ecrire suppose aussi de faire des choix, surtout s'ils sont plus raisonnés qu'inspirés. Mais la difficulté consiste à supporter ce découpage nécessaire de la pensée. Combien le travail peut sembler pauvre une fois sur une feuille de papier ! Se dessine bientôt l'horizon d'un nouveau projet, plus ambitieux que le précédent, ou plutôt tout aussi ambitieux, mais plus attrayant, parce que l'esprit a quitté la réduction de l'exemple pratique pour retrouver l'univers de son délire. Ecrire un mémoire, c'est être condamné à être déçu, car on sera tout au plus satisfait, et le résultat ne saurait contenter l'ambition. La sagesse, alors, consiste à comprendre qu'un autre travail, plus séduisant, ne sera qu'une nouvelle tentative, pourtant nécessaire pour satisfaire notre exigence de création. Cette ambition nouvelle, alors, doit trouver sa place dans l'attente et laisser le souci de la rigueur terminer son oeuvre. J'achève la deuxième partie de mon travail sur Bacon. Il disait lui-même que le travail de l'artiste vise à enfoncer toujours le même clou, sans jamais y parvenir parfaitement. Doux idéal... Cruelle ambition...
Tableau : Crucifixion, (voir : http://www.francis-bacon.com)
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