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Metamonde

"Je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde." Diderot

Eros philosophique

Publié le 13 Avril 2007 par Meta in Cinéma

Alors que des psychologues avancent que tous les problèmes du monde sont de nature sexuelle, la philosophie fait souvent fi de la sexualité pour se concentrer sur la notion de désir. A croire qu'elle suppose que les rapports sexuels se dessinent seulement selon la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave, ou que la logique de l'accouplement est un processus parmi d'autres qui ne diffère pas vraiment, au fond, de la logique de la procréation. S'accoupler ne signifie pas procréer. Les névroses sexuelles appellent autre chose qu'une réflexion portant sur la perpétuation de l'espèce ; elles conditionnent même le politique. Machiavel n'aurait-il pas du envisager la vie sexuelle du prince pour montrer combien sa tâche de dirigeant est difficile lorsqu'il faut concilier sphère privée et sphère publique ? Le sexe n'est pas absent de la recherche philosophique, les penseurs contemporains doivent parfois s'y confronter, mais il faut bien reconnaître que les philosophes se concentrent plus souvent sur la morale, la conscience, la création, bref, sur des concepts se réclamant d'un certain académisme. La première partie de l'étude du film sur Francis Bacon est maintenant achevée. La vie sexuelle du peintre semble complètement interagir avec son activité artistique. On peut même dire que l'une se nourrit de l'autre. Les névroses sexuelles de Bacon nous renseignent-elles sur le génie de son art ? Les problèmes que Bacon rencontre dans sa recherche d'un absolu pictural nous ouvrent-ils des champs d'interprétation de sa vie érotique ? Il semble indéniable que le désir sexuel, dans toutes ses ramifications, offre un éclairage sur la pensée de l'art, et vice-versa. C'est cette articulation que je cherche à mettre en valeur dans l'analyse de "Love is the devil".
Tableau : Portrait of John Edwards, 1988
(voir : http://www.francis-bacon.com)
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