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Metamonde

"Je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde." Diderot

Sculpture cosmologique

Publié le 29 Septembre 2008 par Meta in Esthétique

L'art grec a ceci de problématique qu'il se dégage dans son inter- prétation un antagonisme récurrent. Maldiney, Deleuze, sont des théoriciens accordant un statut particulier à la sculpture grecque. Pareille produc- tion sortirait ainsi de l'intention traditionnelle de l'art, celle de sortir du quotidien, de la convention, de l'évidence fermée pour ouvrir sur les essences et l'infini. L'expression de la forme fixe, la représentation d'une figure immobile et parfaite dans ses proportions, serait ainsi le résultat d'une intention contraire à celle qui viserait à déconstruire dans le but de mettre en évidence un certain regard vers l'infini, le devenir et le chaos. Mais cette lecture de l'art grec qui poserait celui-ci comme anomalie dans l'histoire de l'art n'est pas la même que celle qui consisterait à lui reconnaître une aptitude à se dégager comme un art de la liberté. Art fixé ou art libre ? Hegel dit dans son Esthétique que l'art grec abandonne « à la fois cette raideur et cette contrainte qui l'enchaînaient à son début, ainsi que ce défaut de mesure qui fait que l'idée dépasse la forme individuelle destinée à l'exprimer » et ajoute que la liberté de l'art « ne s'obtient qu'autant que l'artiste sait fondre complètement la signification générale dans la forme individuelle, et, en même temps, élever les formes physiques à la hauteur de l'expression vraie du sens spirituel ». L'art grec n'est pas, en ce sens, un art de la copie. Si Platon percevait l'art comme imitation, celui-ci n'est pas conçu comme tel pour Hegel qui le hisse au statut de projection esthétique hors de l'agencement classique des choses. Exprimer le visage de Jupiter, ce n'est pas copier le visage du modèle, mais rebondir sur le modèle qui n'est que la détermination antithétique permettant l'ouverture synthétique vers l'absolu visé. L'art grec atteint en ce sens une réelle spiritualité qui n'a rien de l'expression sclérosante et imitative qu'on voudrait parfois lui conférer. Comme chez les Egyptiens, l'art grec touche à la question des essences, telles l'expression de la fertilité par Démeter ou celle de la fatalité dans la tragédie. Ce qui assèche l'art grec, ce n'est pas le geste qui l'a produit, mais le regard rationaliste qui a parfois été porté dessus. C'est peut-être parce qu'il n'est pas explicitement mystique que la représentation grecque a parfois été conçue par des penseurs comme un art sec et formel. D'un côté, le rationalisme du platonisme le juge avec sévérité en raison de son caractère formel et d'un autre l'esthétique contemporaine le perçoit comme trop rationnel, trop fermé, trop ordonné, comme si sa qualité était parfois son défaut. N'est-ce pas ignorer ce qui se trame sous l'épiderme des statues immortelles de l'acropole ? L'art grec jette un regard hors du champ de l'atomisme pour exprimer par l'atome une nature hautement spiritualisée. L'art grec n'est alors point un art formel et asséché. Ce n'est pas non plus un art mystique ou divinisé. C'est, au sens le plus strict, un art cosmologique libérateur d'essences. 

 

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Thomas M 01/10/2008 17:04

Bonjour monsieur fourdrinier, n'ayant pas de nouvelle je m'inquite un tantinet, peut être que ma copie vous a boulversé ou fait sombrer en dépression, je suis à Toulouse toute la semaine, de pus mon seul mail valide et mon adresse msn. Si vous pouviez me donenr quelque commentaire vis à vis du travail je vous en serais reconnaissant.à bientôtThomas.

Meta 01/10/2008 20:35


Bonjour Thomas,

Je n'ai pas votre adresse msn. J'ai répondu sur votre mail ctdbonade, me disant qu'entre ici et ce mail, vous auriez le message. Voyez donc la réponse à cette adresse mail.