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Metamonde

"Je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises ; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde." Diderot

Héroïsme authentique

Publié le 14 Juillet 2008 par Meta in metamonde

Chaque époque semble avoir ses héros, de l’image d’Achille aux ac- tions de résistants politiques. Mais on dit, ici et là, que l’image du héros a changé. Le monde contemporain est hostile aux reven- dications d’Héraclès qui devrait avoir honte de ses prétentions. Si jadis prétendre était le commencement de l’acte héroïque, cette affirmation de soi est aujourd’hui montrée du doigt pour y préférer la modestie du héros tragique, incarnation quotidienne d’un christ ayant survécu à la mort du dieu nietzschéen. Le héros d’aujourd’hui est, plus encore qu’Ulysse, celui qui endure. L’époque est à l’appropriation, à la propriété de soi et des extensions de soi, au point que le héros devient le désapproprié, celui à qui on a ôté quelque chose. Le dépossédé de sa chair, de sa virginité, de ses biens, de sa vie, est l’icône de l’héroïsme ambiant, se posant comme héros dans sa revendication, la volonté de la réparation. Là où Achille s’oubliait, fonçant sur l’ennemi au point de risquer une vie adéquatement protégée par la résistance de sa chair semi-divine, la victime d’aujourd’hui est l’héroïne du droit à la possession. Chaque héros devient donc un avatar d’une certaine territorialité, l’exemple d’une propriété bafouée, un espace sacré où nul ne doit pénétrer car il n’y aurait rien de plus fondamental que les limites instaurées par le codage social imposé. L’employé des trains devient héros lorsqu’il a résisté dans l’exercice de sa fonction, et l’enseignant affirme son héroïsme dans les menaces qui lui sont adressées suite à des expressions tendancieuses dans l’espace public. Est-ce à dire qu’il n’y a plus d’autre héros que la victime ? On entend que les étoiles de la scène sont les héros contemporains. Ils affirment quelque chose dans la mesure de leur réussite sociale, ils brillent donc. Mais ils ne brillent pas comme Prométhée. Elvis est une idole, celle d’un espace limité dans lequel les fidèles adorent son effigie. Par-delà victime et idole, quelle place resterait au héros à la mode antique ? Peut-être la place de son individualité affirmée dans l’acheminement et le dépassement, dans l’établissement d’un espace reconnu. Celui qui réussit dans la vie est bien souvent considéré avec bienveillance à la lumière d’une certaine valeur travail. Dans les trois cas, on peut constater qu’aucun n’offre un espace de réalisation épanouissant. On sait combien réussir dans la vie peut éloigner du désir de réussir sa vie. On comprend que la situation de victime n’a rien d’enviable. On devine que l’idole ne vit pas cette forme d’héroïsme post-moderne comme un acte de transcendance. Faudra-t-il penser que l’héroïsme actuel n’est pas une condition enviable ? Il est pourtant tentant d’objecter que l’adolescence (l’âge traditionnel de l’héroïsme) rêve de héros à travers lectures, films et productions imaginaires. Ce sera l’occasion de rappeler que l’adolescent ne fantasme pas sur le héros, mais sur le super-héros, autrement dit celui qui a transcendé le statut de héros. Ne faudrait-il pas voir ici l’idée que notre société aurait achevé de véhiculer l’idée que nous sommes tous des héros potentiels dans notre statut d’éventuelles victimes, ou d’employés susceptibles d’entrer dans des locaux pour en sortir changés en patrons tels Superman jaillissant d’une cabine téléphonique ? Les signes de cette tendance vont jusqu’à donner l’impression concrète que le super-héros est lui aussi rattrapé par la normalité, comme en témoignent les difficultés psychologiques de Batman ou Spiderman. Le super-héros devient lui aussi un homme du peuple, au point que même supérieur au héros, il reste inférieur dans sa dimension authentiquement héroïque à Achille et Hector. Peut-être faudra-t-il conclure alors que le héros contemporain n’est plus celui que l’on envie, mais celui que l’on met à distance comme différence et repère social. Dans une époque où les différences sont portées en éloge, mais où le droit à se différencier est de plus en plus ténu, quel espace reste-t-il à l’héroïsme authentique ?
Peinture : Héraclès et l'hydre de Lerne, Gustave Moreau.
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Thomas M 19/08/2008 23:11

Bonjour Axel comment allez vous ? je me permet de laisse un commentaire ici car je suis en panne de mail  et mon ordinateur portble n'as pas de boite mail sauf msn.Premierement je suis désolé de ne pas vous avoir envoyer la photocopie de ma copie mais le résultat n'étais pa slisible, dés lors je vous propose de se rencontrer début septembre pour parler un peu et pour que je vous remette le saint document.Ensuite je tenais à vous parler d'un film que j'ai vu récement dans le cadre de mon job d'été, cest Hold Boy il à était primé à canne je crois, si vous ne le connaissais pas je vous le conseil vivement :)Enfin répondez sur mon adresse msn si possible !A bientôt !

Meta 20/08/2008 12:52


Oui, Old Boy est remarquable. Prix spécial du jury à Cannes justifié. Non que l'histoire soit extraordinaire (encore qu'elle est sympathique), mais surtout la réalisation est quasi-parfaite, avec
mention spéciale à la scène du marteau, en coupe transversale. Je n'ai pas msn, là. Recontactez-moi quand vous voudrez, pour qu'on puisse se capter. Je suis à Toulouse (ou navette St gaudens dès
Septembre). A bientôt, AF