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Ce blog est consacré à la philosophie et, plus précisément, à un site, proposant des études portant sur des questionnements, des livres ou du cinéma : "Metamonde". Je suis enseignant et souhaite ainsi partager ma passion pour l'activité philosophique.    Axel Fourdrinier 

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Jeudi 6 septembre 2007

image.jpgLa structure du langage en Chine n'a rien à voir avec celle du langage occidental. C'est d'autant plus évident que le verbe "être" n'existe pas en Chinois "classique". Une telle absence nous semble étrange, car alors le chinois de jadis ne dit pas explicitement "c'est". Cela a des implications majeures dans le langage qui façonne la pensée, puisque le chinois ne pense pas immédiatement le monde à la lumière de ce qu'il est, ou du moins pas de la même manière que nous. La question de l'être serait "la" question de la philosophie occidentale, dit Heidegger. On ne peut sans doute pas le lui contester, d'autant qu'Aristote l'avait déjà bien vu. Toute notre pensée s'articule sur l'idée qu'il faut définir les choses, dire ce qu'elles sont, trouver la vérité en posant des définitions claires des éléments de la réalité. Qu'est-ce que la liberté ? Qu'est-ce que le concept de Dieu ? Qu'est-ce que le monde ? Qu'est-ce qu'une société bien organisée ? Autant de questions dans lesquelles la philosophie s'empêtre sans jamais s'en extirper. La conséquence majeure tient dans le fait que nous entretenons essentiellement un rapport transcendant avec le monde. Nous, sujets, définissons le monde, le classons, le nommons, au point qu'il y a nous et le monde. La question du "qu'est-ce que c'est", ou plus simplement la question de l'être, nous extrait du monde au point de nous détacher de l'ensemble perceptible. Les structures du langage façonnant notre pensée, toutes nos idées s'agencent selon ce rapport au monde qui s'exprime comme  dualité. De là toutes les grandes constructions conceptuelles occidentales, avec par exemple des pensées religieuses qui pensent un dieu extérieur et créateur du monde, de là peut-être cette difficulté que les occidentaux éprouvent à penser l'immanence. Il y a nous et l'autre, il y a de l'être ou il n'y en a pas, tout est soit vrai, soit faux. La question de l'être introduit le concept de dualité et cette réalité gangrène même la morale, comme s'il y avait du bon et du mauvais dans la nature. Nietzsche a mis un terme la question de la valeur dans  Par delà bien et mal, mais la perception du monde selon la dualité des valeurs (existant contre non existant, vrai contre faux, bon contre mauvais) est bien trop ancrée dans notre esprit, si bien que nous ne pouvons nous en détacher et penser un monde de l'immanence, un monde de flux. Perçue par Spinoza, Nietzsche, Bergson, Deleuze, l'immanence a baigné l'existence des chinois qui n'ont pas un rapport à l'être mais aux flux qui parcourent le monde au sein duquel ils se meuvent. Cela n'empêche pas que les chinois ne se soient pas posé des questions comme nous ; ils se sont bien interrogés sur la question de dieu, mais ils l'ont mise en exergue beaucoup plus tôt. L'angoisse de notre métaphysique tient peut-être dans une confusion originelle qui se résumerait à l'emploi d'un mot inadéquat. Peut-être la structure de notre langage a-t-elle amené un rapport inadéquat au monde dont nous payons depuis longtemps maintenant l'instabilité. Si le mot "être" a causé tant de facéties, comment penser une philosophie immanente sans tomber dans le caractère pernicieux de notre langage ? Comment produire une pensée du flux ? Une telle pensée est-elle antinomique avec la manière dont nous appréhendons la philosophie ? Comment fonder une éthique sans tomber dans le dual ? Il faudra y revenir...
Image : Confucius

 

par Meta publié dans : metamonde
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